Consulter un psy… Oui mais pourquoi ? Recevoir un patient… Oui mais comment ?

 

Consulter un psy… Oui mais pourquoi ?

 

Parler est un besoin, écouter est un art (Goethe)

On entend souvent des gens autour de nous prononcer des phrases comment « Je vais m’en sortir tout seul », « J’ai déjà des amis pour parler de moi », « je ne vais pas raconter ma vie à un inconnu », « je ne suis pas fou » etc.

De fait, consulter un psychologue clinicien n’est pas forcément adapté à tous. Certains préféreront utiliser d’autres « techniques » pour aller mieux, comme les médecines douces ou alternatives, faire du sport, commencer un régime alimentaire pour se sentir mieux dans sa peau, s’investir à fond dans sa carrière, etc.

Mais, depuis l’invention de la psychologie clinique, et principalement de la psychanalyse, il a été maintes fois prouvé que la parole soigne. Mettre des mots sur ses expériences douloureuses, son vécu, son passé est un acte soignant. En parlant sans contrainte, sans se cacher, sans crainte d’être jugé, en nommant et en laissant vivre les émotions qui nous animent, nous leur permettons de reprendre une place moins nocive dans l’inconscient, et cela nous soulage de façon durable.

Oui mais… Encore faut-il être bien écouté. 

C’est la raison pour laquelle s’adresser à un psychologue clinicien ne revient pas à parler avec ses amis. Le psychologue clinicien offre à ses patients un cadre thérapeutique, dédié à l’accueil de ceux-ci, au sein duquel la parole est totalement libre, et accueillie comme elle se doit. Le cadre thérapeutique est essentiel au sein de la relation entre le psychologue et son patient. C’est un outil de travail pour eux deux.

Le psychologue clinicien est un professionnel formé à l’écoute, qui saura accueillir la parole libre de son patient, déchiffrer ce qui se joue derrière les mots. Au fait des phénomènes psychiques, il est à l’écoute tant de ce qui est dit que de ce qui n’est pas dit, et ainsi il peut aider son patient à s’entendre mieux lui-même. Le psychologue peut aider son patient à faire des liens entre des évènements passés et des évènements présents, et ainsi aider le patient à mieux comprendre les émotions ravivées dans le présent. Ce sont ces phénomènes qui sont thérapeutiques dans la pratique de la psychologie clinique.

Le patient sait déjà tout… Mais il ne sait pas qu’il le sait ! Le psychologue travaille alors en collaboration avec lui pour partir à la découverte de son inconscient et d’une meilleure compréhension de ce que le patient vit.

Pour donner un exemple clinique rapide : Une patiente attend son premier enfant. Elle se sent très mal, très angoissée. Elle a des préoccupations somatiques importantes et elle est persuadée qu’à cause de sa grossesse elle va mourir d’une crise cardiaque, tout en ayant conscience qu’aucune raison médicale ne motive cette inquiétude. Elle commence une thérapie et au bout de quelques séances se souvient que sa grand-mère, enceinte de sa mère, a fait un arrêt cardiaque lors de sa grossesse. Elle a entendu cette histoire très petite, autour de 6 ans et l’avait oublié (ou plutôt devrais-je dire refoulée). Mais son inconscient l’avait gardée bien au chaud et ravivée au cours de sa propre grossesse, moment propice à d’intenses remaniements psychiques. Le travail thérapeutique a permis à cette patiente de se souvenir de cette histoire l’ayant très fortement marquée et de revivre l’émotion qui lui avait été associée au sein du cadre thérapeutique. La suite de la grossesse a pu se dérouler plus facilement et les manifestations somatiques de la patiente se sont grandement atténuées !

Recevoir… Oui mais comment ?

Parlons de ma pratique

Si tous les psychologues cliniciens ont plus ou moins la même formation, tous n’ont pas la même façon de travailler ni les mêmes orientations théoriques. Certains vont être très silencieux en toute situation, d’autres interventionnistes… Certains vont vous donner des conseils, voire des tâches à effectuer entre les séances…

Pour moi, la rencontre avec le patient est un moment d’échange et d’écoute durant lequel le patient doit se sentir suffisamment en confiance pour s’exprimer librement. Il est primordial que le patient se sente bien accueilli dans mon cabinet. Mon travail de psychologue est de l’aider à se raconter dans cet espace de parole que nous aurons pu créer ensemble.

Dans ma conception de notre métier, bienveillance, écoute et humanité sont les maitres mots du travail de psychologue clinicien. Le reste, c’est l’affaire de chacun.

A l’écoute des phénomènes psychiques inconscients, je reste dans une attitude d’attention flottante. Mais lorsque cela est nécessaire, je peux demander au patient de préciser sa pensée, ou l’encourager à continuer. Poser des questions et montrer mon intérêt pour ce qui est dit me semble essentiel lors des entretiens. Nous sommes humains ! Le psychologue peut parfois être comparé à une page blanche sur laquelle se reflète l’inconscient du patient. Certe, mais le psychologue reste toutefois humain et travaille en fonction de son propre inconscient, de sa propre personnalité.

C’est pourquoi il me semble primordial pour tout psychologue ou professionnel du psychisme d’être soi-même en travail personnel (analyse, psychothérapie) avant de prendre en charge des patients. Il doit pouvoir être à l’écoute de ce que le discours du patient fait résonner en lui, et prendre suffisamment de recul pour ne pas être « parasité » par ces ressentis, mais s’en servir pour mieux comprendre les phénomènes psychiques en jeu dans la thérapie. Ceux-ci constituent un outil de travail pour le psychologue clinicien, c’est ce qu’on appelle le transfert. Mais pour bien se servir du transfert, le psychologue doit être impérativement en travail personnel.

Il est également important que le psychologue continue à se former à la fin de ses études, et pendant toute sa carrière. Lire des articles spécialisés, participer à des colloques, des séminaires… Car la connaissance des phénomènes psychologiques évolue, comme la connaissance de la société dans laquelle on vit… Aujourd’hui, le phénomène internet par exemple prend énormément d’ampleur et il est important de se tenir au courant des dernières recherches en psychologie publiées dans ce domaine.

J’ai personnellement effectué un travail de recherche théorico-clinique autour de l’utilisation d’internet pendant la grossesse, car je suis persuadée qu’il est important de comprendre le monde en mouvement dans lequel nous vivons et travaillons.

En bref, consulter un psychologue oui, pour la plupart des personnes. Mais tous ne se valent pas… pour vous. Il vous faudra trouver quelqu’un dont la pratique vous convient, avec qui vous pouvez vous sentir à l’aise, libre. Qui ne vous envahira pas par son silence trop important ou son trop-plein de questions ou conseils. Qui ne vous manipulera pas. Qui ne vous jugera pas. Et surtout, qui vous offrira un cadre thérapeutique stable et bienveillant.

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