Comment se passe un traitement EMDR?

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Une préparation est indispensable : des entretiens préliminaires permettent au patient d’établir une relation de confiance avec son praticien et d’identifier, avec son aide, le ou les souvenirs traumatiques à l’origine de ses difficultés.

Ces souvenirs seront ensuite retraités, un à un, lors des séances. Il faut parfois plusieurs séances pour traiter un seul souvenir. Pour les enfants, le traitement EMDR peut se faire en présence des parents en fonction de l’âge de l’enfant.

Le processus de traitement activé par la méthode est un processus conscient. Il correspond à ce que fait naturellement notre cerveau quand il ne se bloque pas.

Au début d’une séance EMDR, le praticien demande au patient de se concentrer sur l’évènement perturbant, en gardant à l’esprit les souvenirs sensoriels de l’évènement (image, son, odeur, sensation physique), ainsi que les pensées et ressentis actuels qui y sont associés. Le praticien commence alors des séries de stimulations bilatérales alternées, c’est-à-dire qu’il stimule le cerveau alternativement du côté gauche puis droit, soit par des mouvements oculaires, soit par des stimulations tactiles, soit par des bips sonores. Entre chaque série, il suffit alors que le patient remarque ce qui lui vient à l’esprit. Il n’y a aucun effort à faire pendant la stimulation pour obtenir tel ou tel type de résultat ; l’évènement se retraite spontanément, et différemment pour chaque personne selon son vécu, sa personnalité, ses ressources, sa culture.

Les séries de stimulations bilatérales continuent jusqu’à ce que le souvenir de l’évènement ne soit plus source de perturbations mais soit associé à des ressentis calmes ainsi qu’à des pensées positives et constructives.

Une séance d’EMDR dure de 60 à 90 mn (plus courte chez l’enfant). Pendant cette période, le patient peut traverser des émotions intenses, et à la fin de la séance, il peut généralement ressentir une nette amélioration.

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La responsabilisation, une des clés du changement

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Dans l’ouvrage Les bases de la psychothérapie, les auteurs (Olivier Chambon, Michel Marie-Cardine) emploient une belle métaphore illustrant les principes de répétition et de responsabilisation :

« Je marche dans la rue

Il y a un grand trou dans le trottoir

Je tombe dedans

Je suis désespéré

Tout est foutu

Ce n’est pas de ma faute

Cela prend une éternité pour trouver comment sortir

Je marche dans la même rue

Il y a un grand trou dans le trottoir

Je fais comme si je ne le voyais pas

Je tombe dedans à nouveau

C’est incroyable de se retrouver là

Mais ce n’est pas de ma faute

Cela prend tout de même un sacré temps pour s’en sortir !

Je marche dans la même rue

Il y a un grand trou dans le trottoir

Je vois qu’il est là

Je tombe dedans… c’est une habitude… mais mes yeux sont ouverts

Je sais où je suis

C’est de ma faute

J’en sors immédiatement

J’emprunte la même rue

Il y a un grand trou dans le trottoir

Je le contourne

J’emprunte une autre rue ».

 

Nous avons là l’illustration d’un scénario évolutif qui mérite notre attention : expérience malheureuse, répétition de cette expérience, prise de conscience de cette répétition et de la souffrance associée, réflexion sur l’aspect inéluctable ou non de cette situation, responsabilisation vis-à-vis du choix possible, puis choix.

La thérapie est parfaitement indiquée pour prendre conscience de ces répétitions, en assumer la responsabilité et pouvoir enfin agir en toute conscience, de manière éclairée.

Devenez acteur de votre propre vie !