La responsabilisation, une des clés du changement

 

Dans l’ouvrage Les bases de la psychothérapie, les auteurs (Olivier Chambon, Michel Marie-Cardine) emploient une belle métaphore illustrant les principes de répétition et de responsabilisation :

« Je marche dans la rue

Il y a un grand trou dans le trottoir

Je tombe dedans

Je suis désespéré

Tout est foutu

Ce n’est pas de ma faute

Cela prend une éternité pour trouver comment sortir

Je marche dans la même rue

Il y a un grand trou dans le trottoir

Je fais comme si je ne le voyais pas

Je tombe dedans à nouveau

C’est incroyable de se retrouver là

Mais ce n’est pas de ma faute

Cela prend tout de même un sacré temps pour s’en sortir !

Je marche dans la même rue

Il y a un grand trou dans le trottoir

Je vois qu’il est là

Je tombe dedans… c’est une habitude… mais mes yeux sont ouverts

Je sais où je suis

C’est de ma faute

J’en sors immédiatement

J’emprunte la même rue

Il y a un grand trou dans le trottoir

Je le contourne

J’emprunte une autre rue ».

 

Nous avons là l’illustration d’un scénario évolutif qui mérite notre attention : expérience malheureuse, répétition de cette expérience, prise de conscience de cette répétition et de la souffrance associée, réflexion sur l’aspect inéluctable ou non de cette situation, responsabilisation vis-à-vis du choix possible, puis choix.

La thérapie est parfaitement indiquée pour prendre conscience de ces répétitions, en assumer la responsabilité et pouvoir enfin agir en toute conscience, de manière éclairée.

Devenez acteur de votre propre vie !

évaluez votre état dépressif

Êtes-vous dépressif? Êtes-vous déprimé en ce moment ?

Pour faire suite au dernier article portant sur la dépression, je vous propose d’auto-évaluer votre symptomatologie dépressive à l’aide de cet autoquestionnaire.

Le questionnaire QD2 de P. Pichot permet d’évaluer l’état dépressif.

Répondez le plus honnêtement possible, la première réponse qui vous vient par la tête.


En ce moment, ma vie me semble vide  Oui  Non
J’ai du mal à me débarrasser de mauvaises pensées qui me passent par la tête  Oui  Non
Je suis sans énergie  Oui  Non
Je me sens bloqué(e) ou empêché(e) devant la moindre chose  Oui  Non
Je suis déçu(e) et dégoûté(e) par moi-même  Oui  Non
Je suis obligé(e) de me forcer pour faire quoi que ce soit  Oui  Non
J’ai du mal à faire les choses que j’avais l’habitude de faire  Oui  Non
En ce moment je suis triste  Oui  Non
J’ai l’esprit moins clair que d’habitude  Oui  Non
J’aime moins qu’avant les choses qui me plaisent ou m’intéressent  Oui  Non
Ma mémoire me semble moins bonne que d’habitude  Oui  Non
Je suis sans espoir pour l’avenir  Oui  Non
En ce moment, je me sens moins heureux(se) que la plupart des gens  Oui  Non

SCORE sur 13

 

RESULTATS
Dépression franche si score > ou = 7

Chaque réponse « vrai » vaut 1 point.

Si votre score est supérieur ou égal à 7 : vous présentez effectivement une symptomatologie dépressive. Cela ne signifie pas que vous soyiez dépressif, il peut s’agir d’un état dépressif passager suite à une mauvaise journée, à une succession d’événements désagréables ces derniers temps…

Il est surtout important de s’inquiéter à partir du moment où cet état est constant dans le temps. N’hésitez pas à consulter. Téléphonez-moi au 06.59.54.05.94 afin d’obtenir de l’aide.


 

Qu’est-ce que… La dépression ?

 

1. Définition

État morbide, plus ou moins durable, caractérisé par la tristesse et une diminution du tonus et de l’énergie. Le sujet est anxieux, las, découragé et incapable d’affronter la moindre difficulté. Aussi ne prend-il plus aucune initiative. Il souffre de son impuissance et a l’impression que ses facultés intellectuelles, notamment l’attention et la mémoire, sont dégradées. Le sentiment d’infériorité qui en résulte augmente encore sa mélancolie.

Il est important de pouvoir distinguer tristesse et dépression.

On parlera de tristesse lorsque la cause déclenchante est prise dans un contexte précis non-durable dans le temps.

Exemple : – à la perte d’un proche, il est normal d’éprouver de la tristesse.

On parlera de tristesse pathologique (porte ouverte sur la dépression) lorsque la tristesse devenue durable dans le temps accompagne tous les actes et envahit toutes les pensées possibles de l’individu.

Exemple : – plusieurs mois après la perte de ses parents, cet enfant n’a plus goût à rien.

2. Les différents troubles de la dépression

On les classifie en 5 catégories (émotionnelles, psychomotrices, conatives, cognitives et végétatives).

a) Les perturbations émotionnelles
- L’humeur dépressive :

identifiable par un sentiment mal défini, inhabituel, de tristesse marquée, de découragement, de désespoir. Le sujet se définit comme souffrant d’une tristesse généralisée anormale.

– Elle s’accompagne d’un sentiment de lassitude, de désintérêt généralisé qui est d’autant plus difficile à vivre par le sujet qui se rend parfaitement compte qu’il n’est plus capable de ressentir du plaisir dans les activités ou les situations habituellement agréables.

– Apparition d’une anesthésie affective : lorsque le sujet réalise que ses proches le laissent indifférent, il se culpabilise et s’angoisse. Il pense « n’être plus capable d’aimer ».

Rire, insouciance et légèreté d’âme ont quitté le sujet.

b) Les symptômes psychomoteurs


- Un ralentissement moteur global :

        – Tout dans l’attitude du sujet semble lent

        – Il semble porter « tout le malheur du monde sur ses épaules »

        – Il lui faut du temps pour réfléchir et ne livre que des phrases courtes. Il est avare de

          paroles

        – Sa mimique est pauvre, monotone, triste, sa tête peu mobile.

– Un ralentissement psychique global :

        – La pensée est lente, laborieuse, appauvrie

        – Pas d’idées nouvelles hormis celles en relation avec sa souffrance

        – Capacités de concentration très réduites

        – Très vite embrouillé par le moindre effort intellectuel

        – Ralentissement intellectuel d’où sentiment de lenteur d’écoulement du temps.

c) Les troubles conatifs (symptômes procédant d’une diminution des capacités d’effort et d’initiative)

– Ils sont exprimés indirectement par le sujet par des plaintes d’ « être à bout », « vidé », épuisé, d’avoir perdu son entrain, de manquer de courage, de perte d’énergie…

– Ils sont exprimés directement dans la perte d’initiatives spontanées prises par le sujet pour remédier à son état qu’il vit comme une déchéance méprisable. Son endurance à l’effort est très amoindrie.

d) Les troubles cognitifsLes représentations, les contenus de pensée subissent un ensemble de distorsions pathologiques subtiles, qui constituent la psychologie dépressive proprement dite.

Devenu incapable de faire face à ses difficultés, d’affronter ses relations problématiques, de résoudre un conflit en prenant une décision, il « ne sait plus y faire », un « rien le déborde », il a perdu ses moyens et ne peut plus compter sur lui.

Il s’enfonce ainsi progressivement dans un schéma négatif et en devient esclave.

Il y a un trouble du jugement dans la psychologie dépressive, entendu d’une inclination irrésistiblement négative du jugement porté sur soi et sur les choses.

– Dans un premier temps, la vision que se fait de lui-même le sujet est empreinte de négatif. Il fait des comparaisons avec des personnes qui possèdent certaines qualités inexistantes chez lui et n’accorde aucune importance aux qualités que lui-même pourraient présenter.

A un degré de gravité supplémentaire, culpabilité et auto dépréciation se généralisent et tournent à l’auto-accusation.

– La vision de l’avenir s’atrophie : tout événement nouveau est considéré par le déprimé comme lourd de menaces et d’aggravation, sans espoir de solution : tout est perdu d’avance.

– La vision du monde est aussi déformé par la négativité : tout est « noir », inutile, sans recours.

e) Les signes végétatifs (perturbations somatiques)

L’asthénie : le sujet peut atteindre des degrés d’épuisement, caractérisés par sa fatigabilité à l’effort.

Les troubles du sommeil : insomnie ou hypersomnie.

Les perturbations de l’appétit : la plus courante est l’anorexie, l’augmentation de l’appétit est plus rare.

Les troubles sexuels : désintérêt, dégoût sexuel entraînant impuissance et frigidité (souvent caché de peur d’un regain de culpabilité à l’égard du partenaire).

Les troubles digestifs : sensation de lenteur digestive, de ballonnements, de constipation.

On peut aussi rapporter mais plus rarement : des troubles urinaires, des troubles cardio-vasculaires, des troubles neuromusculaires.

Tout état dépressif s’accompagne, à des degrés divers, de manifestations symptomatiques d’anxiété généralisée :

– Tension nerveuse, secousse musculaire, tressautements ;

– Hyperactivité du système nerveux autonome (gêne respiratoire, palpitations, sécheresse de la bouche, nausée, pollakiurie, gorge nouée, contractions, etc.) ;

– exacerbation de la vigilance, éréthisme, fébrilité, agitation improductive, raptus agressifs et suicidaires.

3. Les différentes formes de dépressions

a) La mélancolie (considérée comme la forme la plus grave d’état dépressif majeur)

Elle se caractérise par : – l’intensité de la douleur morale

                                    – l’importance du ralentissement psychomoteur

                                    – une aboulie complète

                                    – des contenus de pensée particulièrement négatifs et désespérés

                                    – un sentiment de culpabilité omniprésent

                                    – un sentiment d’incurabilité

                                    – des idées « noires » ( idées d’être puni de mort, ruminations                                           suicidaires…)
                                    – une anorexie grave

                                    – des réveils matinaux précoces dans un état d’angoisse                                        douloureux.

On parle également de mélancolie stuporeuse lors d’un ralentissement psychomoteur très intense. A savoir : immobilité totale, état prostré, incapable de boire ou de s’alimenter.

b) Les dépressions psychotiques

Elles se caractérisent par des délires de culpabilité, de honte universelle, de punition, de damnation, de possession diabolique, d’ensorcellement, de métamorphose en un animal repoussant, d’appauvrissement mental, de négation d’organes, de contagiosité (sida) …

c) Les dépression hostiles, agressives

La personnalité du sujet semble avoir changé radicalement. Il est devenu plus agressif, plus impulsif,  ses colères sont mal maîtrisées, il a des violences soudaines inhabituelles…

Cela viendrait du fait que le sujet ne supporte plus l’idée d’être l’objet de remarques blessantes (existantes ou supposées) à son égard : « Secoue toi », « Tu as tout pour être heureux », …

d) Les dépressions pseudo-démentielles

Elles se caractérisent par des troubles graves : – de la mémoire

                                                                      – de l’orientation

                                                                      – de la vigilance

                                                                      – du jugement

                                                                      – de régression affective

                                                                      – des performances intellectuelles

On les rencontre généralement chez les sujets âgés, rarement chez des sujets jeunes.

e) Les dépressions masquées, hypocondriaques

Elle se caractérise par une absence de symptômes de l’humeur dépressive avec une prépondérance des plaintes somatiques.

Elle prennent souvent l’aspect d’une douleur atypique, continue, fixée, qui reste malgré la prescription d’antidouleur.

Le sujet est souvent inconscient qu’il souffre moralement, c’est la raison pour laquelle il « somatise ».

f) Les dépressions anxieuses, agitées

Ces sujets courent un risque suicidaire élevé. Contrairement aux caractéristiques courantes de la dépression, l’agitation psychique et motrice sont majeures, ils sont enclin à des crises de panique.

4. Évolution

L’évolution est extrêmement variable, fonction de l’étiologie, de la personnalité du sujet, de sa tolérance à la souffrance dépressive, du contexte socio-affectif de son existence, des éventuelles mesures thérapeutiques.

Le début est en règle progressif, mais peut être très brutal, en quelques heures.

La période d’état a une durée extrêmement variée. En dehors de tout traitement, il arrive couramment qu’elle atteigne, voire dépasse, 6 mois – 1 an. Elle peut être beaucoup plus courte, de l’ordre d’un mois, ou plus longue, évoluant sur plusieurs années. Le suicide en constitue la terminaison la plus abrupte. Bien des modifications insidieuses de la personnalité peuvent s’opérer lors des évolutions lentes prolongées.

La terminaison est généralement progressive, fréquemment émaillée de récidives de moindre intensité clinique. Elle peut être très soudaine, notamment lors des troubles bipolaires, fréquemment suivie d’une inversion hypomaniaque de l’humeur.

Les traitements actuels permettent de ramener la durée d’un état dépressif à une moyenne de 2-3 mois..

5. Le risque suicidaire

Les troubles décrits ci-dessus conduisent le sujet dans une logique particulièrement autodépréciante et désespérée. Si rien n’est entrepris pour lui venir en aide, la conséquence directe est le risque suicidaire.

– à un simple degré : le sujet s’interroge de plus en plus sur le sens de la vie et sur la nécessité de vivre. Il est assailli par l’idée de la mort, et spécule sur le soulagement qu’elle pourrait lui procurer.

– l’étape suivante est critique : le sujet a fini par se convaincre de mettre un terme à sa vie et à toutes ses idées noires. Il est motivé par le fait qu ‘il s’accuse de « manquer de courage ».

– à un degré de gravité extrême : l’intention de se donner la mort est manifeste, inébranlable, programmée, minutieusement préparée.

6. Traitement (Cf. Que sais-je ? – La dépression – Presses universitaires de France)

Les traitements des dépressions comportent deux temps, l’un curatif et l’autre préventif des rechutes. Le premier est dominé par la chimiothérapie antidépressive, le second renvoie, selon les cas, aux psychothérapies, aux aménagements existentiels ou aux régulateurs de l’humeur. Les trois mesures s’avèrent souvent complémentaires.

I. Traitements curatifs

1. Les antidépresseurs

Ils constituent le traitement essentiel de toutes les dépressions.
Ils sont indiqués dans toutes les dépressions. Tricycliques et antidépresseurs de nouvelle génération ont en moyenne le même pourcentage de succès thérapeutique, entre 60 et 70 % des cas traités. L’efficacité des IMAO est légèrement inférieure vers 50 à 60 %. Mais chaque déprimé peut être sensible à certaines molécules et résister à d’autres, justifiant la multiplicité des composés.
La gravité apparente de la dépression et son appartenance, névrotique ou psychotique, n’ont pas d’incidence sur la posologie. Toute dépression nécessite une dose efficace d’antidépresseurs, assez bien déterminée pour les molécules commercialisées. Les syndromes dépressifs de l’enfant justifient le recours aux antidépresseurs ; la dose se réfère au poids.

Un traitement d’entretien est indispensable après la guérison, d’une durée minimale de quatre à six mois (plus courte, le risque de rechute augmente). Après six mois de guérison, il ne se justifie plus, hormis pour la prévention des récidives. Le traitement peut être arrêté brusquement. Les antidépresseurs, à l’inverse des tranquillisants, n’entraînent pas de phénomène de dépendance psychique ou physique. En réalité, l’arrêt progressif sur quelques semaines permet de détecter éventuellement des indices de rechute, imposant la reprise immédiate d’une posologie efficace.

2. La prise en charge psychothérapeutique de l’accès dépressif

Au cours de l’accès dépressif, il ne saurait être entrepris de psychothérapie, au sens psychanalytique. Le déprimé, avec sa perte de motivation, son  inertie à entreprendre, est dans l’incapacité d’effectuer la demande et de s’impliquer, condition indispensable à la démarche psychothérapeutique.
Le comportement psychothérapeutique s’organise autour des notions de bienveillance, d’écoute, de réassurance et de protection. Il convient d’expliquer au sujet ses tendances à la péjoration et d’étayer les propos sur des faits concrets.
La valorisation des qualités du sujet lui renvoie une image moins déplorable de lui-même et, dans une certaine mesure, restaure un narcissisme défaillant.

3. Thérapies comportementales et cognitives des dépressions

Ces thérapies, relativement récentes, concernent essentiellement les dépressions névrotiques. Les mélancolies, surtout graves, ne relèvent pas de cette thérapeutique.

A) Les thérapies comportementales

Elles visent à modifier le comportement du sujet :
- en l’aidant à retrouver un répertoire adéquat de renforcements positifs ;
- en l’entraînant à développer des comportements adaptés, incompatibles avec le statut de déprimé ;
- en l’engageant dans des activités plaisantes et satisfaisantes.
En somme, amener le sujet à « améliorer sa compétence sociale et son affirmation de soi ».

B) Les thérapies cognitives

Elles prennent en compte la « façon de penser » particulière des sujets.
Le traitement comporte quatre étapes :
- d’abord une explication claire et didactique, fournie au déprimé, sur les liens qui unissent les cognitions, les sentiments (affects) et le comportement ;
- ensuite, le patient doit apprendre à mettre en évidence ses pensées négatives surgissant dans la vie quotidienne et à les relever par écrit ;
- ce stade d’auto-observation est suivi d’un apprentissage pour modifier les cognitions vers des pensées plus réalistes dites « alternatives » et en évaluer les effets dans la vie quotidienne;
- enfin, le thérapeute prescrit à la fin de chaque séance des « tâches à domicile » précises pour consolider l’apprentissage des nouvelles cognitions.

4. La cure de sommeil

Elle peut amortir un stress important et permettre au sujet de s’adapter progressivement, avec une conscience obscurcie et une sensibilité apaisée, à un récent bouleversement de sa vie. Elle peut donc s’envisager dans les dépressions réactionnelles, pendant quelques jours.

5. La sismothérapie (Électrochoc)


Elle s’impose sans délai dans certaines situations :
- les mélancolies délirantes où les antidépresseurs et les neuroleptiques sont insuffisants ;
- dans les dépressions anxieuses, où le risque suicidaire est majeur pendant le délai d’action de quelques semaines des antidépresseurs ;
- les dépressions stuporeuses avec refus d’alimentation ;
- dans les dépressions graves après accouchement, souvent rebelles aux antidépresseurs ;
- dans les mélancolies où les antidépresseurs sont interdits (cardiaques, sujets âgés).

II. Traitements préventifs des rechutes

1. Les psychothérapies

La dépression est parfois mal tolérée ou incomprise. La famille, l’entourage, vainement insistants, en appellent à la volonté engloutie par la maladie. Cette mise en cause culpabilise le déprimé. Il faut au contraire le rassurer et justifier son incapacité à agir comme une inexorable et passagère conséquence de son état.

Le médecin devra confirmer cette réalité pathologique, convaincre de la nécessité et de l’efficacité d’un traitement, même d’une hospitalisation s’il redoute des idées de suicide dont l’aveu éventuel peut avoir une vertu cathartique, car le malade a le sentiment d’être incompris et de vivre une situation unique, indicible, incompréhensible pour l’autre. La nature du trouble de la personnalité, le niveau intellectuel, la capacité d’élaboration symbolique, de verbalisation, l’aptitude à l’introspection conditionnent le type de psychothérapie.

2. Aménagements existentiels

Les difficultés matérielles, les contentieux affectifs, les conditions professionnelles doivent être soigneusement investigués.

Les ennuis pécuniaires ont parfois de douloureuses répercussions. Certains sujets résignés ignorent les possibles recours. L’aide des services sociaux doit être solicitée pour les déprimés indigents.

Ailleurs, les conflits familiaux semblent particulièrement nocifs. Il faut examiner les modifications possibles des comportements des protagonistes. Il est parfois utile de rendre autonome un jeune adulte encore dépendant des parents, ou de conseiller des activités professionnelles à une femme dont la vie domestique casanière paraît terne, ennuyeuse, morose. Etc

3. Les antidépresseurs au long cours

Le maintien du traitement antidépresseur après l’accès a pour objet la prévention des rechutes. On l’envisage pour les formes unipolaires des dépressions endogènes et pour les dépressions récidivantes névrotiques.

4. Les formes résistantes

Certaines dépressions résistent au traitement et évoluent sur un mode chronique. Il convient d’en rechercher les causes. Elles sont schématiquement de trois types :

– cause organique ;

– conditions affectives ou existentielles néfastes ;

– troubles de personnalité associés ; ils peuvent nécessiter des orientations thérapeutiques à côté ou en dehors des antidépresseurs.

7. Présentez-vous une symptomatologie dépressive ?

En général, la plupart d’entre nous associent la dépression à la tristesse, mais d’autres effets affectifs, mentaux et physiques se manifestent également. De nombreuses personnes déprimées n’entrevoient pas d’issue possible. Elles manquent d’énergie et perdent le goût de vivre. Elles ne peuvent pas imaginer qu’elles pourront être encore heureuses ou intéressées à quelque chose, même si la plupart des personnes déprimées réussissent à s’en sortir. Certaines personnes peuvent également souffrir d’anxiété. D’autres peuvent s’isoler et être moins sociables. Elles peuvent devenir colériques et difficiles à satisfaire. Personne ne fait rien comme il faut. La dépression est un monde où l’on se sent très seul.

Les modifications sur le plan du cerveau peuvent affecter les émotions et les capacités mentales. Cela signifie que la personne déprimée peut facilement avoir des pensées négatives et avoir beaucoup de difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions.

Les personnes déprimées éprouvent en plus certains troubles physiques. Certaines n’arrivent pas à s’endormir ou se réveillent très souvent durant la nuit. D’autres ont tout simplement envie de dormir tout le temps. La dépression peut également entraîner une perte d’appétit, un désir de manger tout le temps ou une envie incontrôlable de manger des sucreries. Chez certaines personnes, la dépression entraîne un perte d’intérêt pour les rapports sexuels, chez d’autres, elle peut causer des douleurs d’estomac, de la constipation, des maux de tête, de la transpiration, des palpitations ou d’autres symptômes physiques.

Ni la force de caractère ni la position sociale ne nous mettent à l’abri de la dépression. Cette maladie peut affecter n’importe qui, n’importe quand et à n’importe quel âge. La dépression peut totalement transformer une personne. Toute personne déprimée qui pense à la mort et au suicide a besoin immédiatement de l’aide d’un professionnel.

De nos jours, il existe de nombreuses façons de traiter la dépression et aucune personne déprimée ne devrait souffrir inutilement. Les soins médicaux, les antidépresseurs et le soutien de la famille et des amis contribuent tous au traitement efficace de la dépression.

Le questionnaire QD2 de P.Pichot permet d’évaluer l’état dépressif.
Il est composé de 13 questions. Il faut répondre par vrai ou faux à chacune d’entre-elles.

En ce moment, ma vie me semble vide  Oui  Non
J’ai du mal à me débarrasser de mauvaises pensées qui me passent par la tête  Oui  Non
Je suis sans énergie  Oui  Non
Je me sens bloqué(e) ou empêché(e) devant la moindre chose  Oui  Non
Je suis déçu(e) et dégoûté(e) par moi-même  Oui  Non
Je suis obligé(e) de me forcer pour faire quoi que ce soit  Oui  Non
J’ai du mal à faire les choses que j’avais l’habitude de faire  Oui  Non
En ce moment je suis triste  Oui  Non
J’ai l’esprit moins clair que d’habitude  Oui  Non
J’aime moins qu’avant les choses qui me plaisent ou m’intéressent  Oui  Non
Ma mémoire me semble moins bonne que d’habitude  Oui  Non
Je suis sans espoir pour l’avenir  Oui  Non
En ce moment, je me sens moins heureux(se) que la plupart des gens  Oui  Non

SCORE sur 13

 

RESULTATS
Dépression franche si score > ou = 7

Si votre score est supérieur ou égal à 7 : vous présentez effectivement une symptomatologie dépressive. Cela ne signifie pas que vous soyiez dépressif, il peut s’agir d’un état dépressif passager suite à une mauvaise journée, à une succession d’événements désagréables ces derniers temps…

Il est surtout important de s’inquiéter à partir du moment où cet état est constant dans le temps. N’hésitez pas à consulter.

 

Sources :

http://serge.pilon.pagesperso-orange.fr/t47form.htm

Université Paris X

 

Qu’est-ce que… La psychanalyse ?

 

Je lance ici une série d’articles visant à expliciter certains termes psychanalytiques, d’après l’ouvrage de Laplanche et Pontalis : Vocabulaire de la Psychanalyse ; sous la direction de Daniel Lagache.

Psychanalyse

= D. : Psychoanalyse. – En. : psycho-analysis. – Es. : psicoanálisis. – I. : psicoanalisi ou psicanalisi. – P. : psicanálise.

● Discipline fondée par Freud et dans laquelle, avec lui, on peut distinguer trois niveaux :

A) Une méthode d’investigation consistant essentiellement dans la mise en évidence de la signification inconsciente des paroles, des actions, des productions imaginaires (rêves, fantasmes, délires) d’un sujet. Cette méthode se fonde principalement sur les libres associations* du sujet qui sont le garant de la validité de l’interprétation*. L’interprétation psychanalytique peut s’étendre à des productions humaines pour lesquelles on ne dispose pas de libres associations

B) Une méthode psychothérapique fondée sur cette investigation et spécifiée par l’interprétation contrôlée de la résistance*, du transfert* et du désir*. A ce sens se rattache l’emploi de psychanalyse comme synonyme de cure psychanalytique ; exemple : entreprendre une psychanalyse (ou : une analyse).

C) Un ensemble de théories psychologiques et psychopathologiques où sont systématisées les données apportées par la méthode psychanalytique d’investigation et de traitement

◼ Freud a d’abord employé les termes analyse, analyse psychique, analyse psychologique, analyse hypnotique, dans son premier article Les psychonévroses de défense (Die Abwehr-Neuropsychosen, 1894) (1). C’est seulement plus tard qu’il a introduit le terme psycho-analyse dans un article sur l’étiologie des névroses, publié en français (2). En allemand, Psychoanalyse figure pour la première fois en 1896 dans Nouvelles observations sur les psychonévroses de défense (Weilere Bemerkungen über die Abwehr-Neuropsychosen) (3). L’emploi du terme psychanalyse a consacré l’abandon de la catharsis* sous hypnose et de la suggestion, et le recours à la seule règle de libre association pour obtenir le matériel*.

Freud a donné plusieurs définitions de la psychanalyse. Une des plus explicites se trouve au début de l’article de l’Encyclopédie paru en 1922 : « Psychanalyse est le nom :

« 1° D’un procédé pour l’investigation de processus mentaux à peu près inaccessibles autrement ;

« 2° D’une méthode fondée sur cette investigation pour le traitement de désordres névrotiques ;

« 3° D’une série de conceptions psychologiques acquises par ce moyen et qui s’accroissent ensemble pour former progressivement une nouvelle discipline scientifique » (4).

La définition proposée en tête de l’article reproduit sous une forme plus détaillée celle donnée par Freud dans ce texte.

Sur le choix du terme psychanalyse, nous ne saurions mieux faire que de laisser la parole à celui qui forgea le terme dans le temps même où il dégageait sa découverte : « Nous avons nommé psychanalyse le travail par lequel nous amenons à la conscience du malade le psychique refoulé en lui. Pourquoi « analyse », qui signifie fractionnement, décomposition et suggère une analogie avec le travail qu’effectue le chimiste sur les substances qu’il trouve dans la nature et qu’il apporte dans son laboratoire ? Parce qu’une telle analogie est, sur un point important, effectivement fondée. Les symptômes et les manifestations pathologiques du patient sont, comme toutes ses activités psychiques, d’une nature hautement composée ; les éléments de cette composition sont en dernier ressort des motifs, des motions pulsionnelles. Mais le malade ne sait rien ou trop peu de ces motifs élémentaires. Nous lui apprenons donc à comprendre la composition de ces formations psychiques hautement compliquées, nous ramenons les symptômes aux motions pulsionnelles qui les motivent, nous désignons au malade dans ses symptômes des motifs pulsionnels jusqu’alors ignorés, comme le chimiste sépare la substance fondamentale, l’élément chimique, du sel dans lequel, en composition avec d’autres éléments, il était devenu méconnaissable. De la même façon nous montrons au malade, sur les manifestations psychiques tenues pour non pathologiques, qu’il n’était qu’imparfaitement conscient de leur motivation, que d’autres motifs pulsionnels qui lui étaient restés inconnus ont contribué à les produire.

« Nous avons aussi expliqué la tendance sexuelle à l’être humain en la fractionnant en ses composantes, et, lorsque nous interprétons un rêve, nous procédons de façon à négliger le rêve comme totalité et c’est de ses éléments isolés que nous faisons partir les associations.

« Cette comparaison justifiée de l’activité médicale psychanalytique avec un travail chimique pourrait suggérer une direction nouvelle à notre thérapie […]. On nous a dit : à l’analyse du psychisme malade doit succéder sa synthèse ! Et bientôt on s’est montré inquiet de ce que le malade puisse recevoir trop d’analyse et pas assez de synthèse et soucieux de mettre le poids principal de l’action psychothérapique sur cette synthèse, sur une sorte de restauration de ce qui avait été pour ainsi dire détruit par la vivisection.

« […] La comparaison avec l’analyse chimique trouve sa limite en ceci que dans la vie psychique nous avons affaire à des tendances soumises à une compulsion à l’unification et à la combinaison. Parvenons-nous à décomposer un symptôme, à libérer une motion pulsionnelle d’un ensemble de relations, celle-ci ne reste pas isolée mais entre aussitôt dans un nouvel ensemble.

« […] Aussi chez le sujet en traitement analytique, la psychosynthèse s’accomplit sans notre intervention, automatiquement et inévitablement » (5).

Une liste des principaux exposés généraux de la psychanalyse publiés par Freud se trouve dans la Standard Edition (6).

La vogue de la psychanalyse a amené de nombreux auteurs à désigner par ce terme des travaux dont le contenu, la méthode et les résultats n’ont plus que des rapports très lâches avec la psychanalyse proprement dite.

(1) Cf. Freud (S.). G.W., I, 59-74 ; S.E., III, 45-68.

(2) Cf. Freud (S.). L’hérédité et l’étiologie des névroses, 1896. G.W., I 407-22 ; S.E., III, 143-56.

(3) Cf. Freud (S.). G.W., I, 379, 383 ; S.E., III, 162, 165-6.

(4) Freud (S.). « Psychoanalyse » und « Libidotheorie », 1923. G.W., XIII, 211 ; S.E., XVIII, 235.

(5) Freud (S.). Wege der psychoanalytischen Therapie. 1918. G.W., XII, 184-6 : S.E., XVII, 159-61 ; Fr., 132-4.

(6) S.E., XI, 56.

Quels sont les symptômes pouvant amener une personne à consulter un psychologue ?

Les problématiques psycho-somatiques :

Troubles du sommeil, fatigue, épuisement, maladies chroniques, cancers, troubles de la libido,  douleurs génitales à répétition, douleurs neuropathiques, fibromyalgie,  troubles du comportement alimentaire (TCA : anorexie, boulimie), insomnies, scarifications, automutilation, hyperphagie, obésité, spasmophilie, vulvodynie etc.

Les problématiques de la sexualité :

Porno-dépendance, addiction sexuelle, homosexualité, hétérosexualité, transgenre, transsexualité, voyeurisme, prostitution, douleurs lors des rapports sexuels, inceste, viol, sadisme, masochisme etc.

La souffrance au travail :

Addiction au travail, burn-out, harcèlement moral ou sexuel au travail, problématiques de l’estime de soi, épuisement au travail, stress au travail etc

Les addictions :

tabagisme, alcoolisme, toxicomanie, addiction aux jeux vidéos/ à l’ordinateur / au jeu en réseau, addiction à l’amour, addiction aux médicaments, porno-dépendance, addiction aux jeux d’argent, cyberdépendance, achat compulsif, addiction au sport, collectionisme

La souffrance psychique :

Dépression, tristesse, crises d’angoisse, attaques de panique, anxiété, stress, nervosité, agressivité, colère, deuil, deuil pathologique, ruptures, divorce et séparations, phobies, psychotraumatisme, troubles obsessionnels compulsifs (TOC), infidélité, adultère, jalousie, violences conjugales, perturbation de l’image du corps, dysmorphophobie, baisse de l’estime de soi, faible confiance en soi, chômage, difficultés sociales et économiques, pensées suicidaires, suicide, etc.

Les problématiques de la grossesse / maternité / parentalité :

Interruption Medicale de Grossesse (IMG), Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), déni de grossesse, baby-blues, dépression post-partum, dépression pendant la grossesse, angoisse pendant la grossesse, difficulté maternelle, difficulté paternelle, doute sur ses compétences maternelles ou paternelles etc.

Bienvenue

Psychologue clinicienne et thérapeute EMDR à Toulouse, je reçois adultes, enfants et couples pour des thérapies individuelles ou de couple, ou des sessions de guidance parentale. 

Le cabinet se situe au 19 Grande rue de Nazareth, 31000 Toulouse – Tel : 06.59.54.05.94

(Métros ligne B: Carmes / Palais de justiceMétro ligne A : Esquirol – Proximité du TRAM)

 

Avec la thérapie EMDR (pratiquée par un psychologue accrédité EMDR-Europe ou EMDR-France), il est enfin possible de guérir (oui, guérir !) des traumatismes psychiques à l’origine de troubles tels que :

-Dépression

-Anxiété

-Phobies

-Deuils, séparations

-Problèmes de confiance en soi

-Gestion de la colère

-Difficultés relationnelles

-Syndrome de Stress Post-Traumatique (PTSD ou SSPT)

-Crises d’angoisse

-Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC)

-Troubles du comportement alimentaire (Anorexie / Boulimie / Hyperphagie)

-Troubles de l’attention

-Troubles du sommeil (insomnies / réveils nocturnes / Cauchemars)

-Compulsions / Addictions

-Troubles de la sexualité

-Stress

-Burn-out

-Baby-blues ou dépression post-partum

-souffrance au travail

-Douleurs chroniques

-Nervosité, irritabilité

-Etc…

Souffrez-vous de ces troubles, ou d’autres troubles liés à des disfonctions émotionnelles ou à des traumatismes petits ou grands ? Autorisez-vous à guérir, à aller mieux, à retrouver votre force de vie, votre énergie, à vous réinvestir dans vos projets. Votre mal-être n’est pas une fatalité, vous avez en vous le pouvoir de guérir, il suffit de vous y autoriser et d’être bien accompagné.