Parlons du Baby-Blues

 

L’association Maman Blues est une association parentale qui a pour but de soutenir et d’informer les personnes concernées par la difficulté maternelle ainsi que de diffuser l’information auprès des professionnels de la santé, de la petite enfance, et du secteur social et public dans un cadre totalement gratuit.

Article intéressant sur le baby-blues: 

« Le baby blues s’il existe, c’est cela qu’il doit permettre, qu’on vous écoute et qu’on vous parle ! Et ce n’est pas parce que ça arrive aussi aux autres, à presque toutes les autres le baby blues ; que ça n’a rien à dire… » Patrick ben Soussan

Autres noms :
Blues du 3ème jour, post-partum blues, blues des mères, home blues, cafard des accouchées, fièvre de lait (autrefois).
L’acte de naissance officiel du baby blues date de 1952 dans un article de Moloney paru dans une revue de la Nouvelle-Orléans, sous le terme de « blues du 3ème jour ».
« Blues » car le bleu est la couleur synonyme du cafard, de la tristesse, de la mélancolie ou du deuil pour les Anglo-Saxons.

De quoi s’agit-il ?
D’un état dépressif passager qui surgit inopinément dans les premiers jours qui suivent la naissance et que l’on peut comprendre comme étant le contre coup normal de cet événement.
Plusieurs explications tant physiologiques que psychologiques président à son émergence. Selon les différents auteurs, il serait :

  • Une réaction physiologique marquant la fin d’un stress physique et moral, liée à la modification brutale du taux d’hormones*.
  • L’adaptation brutale à un évènement chargé en émotions : un moment de coupure avec ce qui a précédé et qui aurait valeur de fonction d’aménagement défensif pour la mère, lui permettant de réaliser le deuil du bébé imaginaire et d’adopter celui qui vient de naître. Il favoriserait ainsi le passage symbolique de son statut de femme enceinte à celui de mère.
  • L’ensemble des déceptions que ressentent les femmes : déception de l’accouchement, déception liée à la perte de leur ventre habité, au fait qu’elles ne soient plus le centre des préoccupations, déception liée à la réalité de l’allaitement jamais aisé à mettre en route…
  • Ce temps où la mère qui s’est donnée toute entière à son accouchement et à la naissance de son enfant, est en attente d’un retour ou d’une reconnaissance de sa part. Ce peut être un temps de solitude
  • Un moment de véritable dépression où « tous les cadavres sortent des placards » Myriam Szejer
  • Un moment complexe et universel qui cumulerait le stress de la fin de grossesse et de l’accouchement et un état de dénudation psychique permettant à la mère de se mettre en phase avec son nouveau né. « Le cristal du Moi maternel serait en partie désorganisé et le blues serait alors l’exacerbation de cette préparation de l’esprit maternel à saisir les indices en provenance de son enfant » Monique Bydlowsky
  • Lié au fait qu’à partir des années 50 (date où l’on commence à en parler) les femmes ont commencé de manière générale à accoucher en milieu hospitalier et non plus à leur domicile .Séparées de leur cadre quotidien et soumises au pouvoir médical, elles seraient devenues sujettes au baby blues en réponse à cette dépossession de leur corps et de leur accouchement. Hypothèse formulée par le psychiatre Guy Benoît
  • L’expression des mouvements psychiques maternels et notamment celui d’une certaine ambivalence face au bébé à la fois merveilleux qu’elle attendait et l’être exigeant et extrêmement dépendant qu’il est en réalité. L’épisode du baby blues renforcerait la possibilité d’investissement de l’enfant réel (Mélanie Klein et Donald Winicott)
  • Un temps d’attente et de vacillement où le tout comme le rien peut arriver, un temps pendant lequel se met en place la relation : «c’est un gué, un passage délicat plutôt qu’un simple état passager» (Psychanalyse de la naissance ‘Jean Marie Delassus)
  • Un temps d’ajustement (toujours selon jean marie Delassus) : Après avoir passé neuf mois d’intimité avec son enfant et de retrouvailles avec la mémoire de son corps, après avoir entrepris un véritable voyage intérieur, la mère se retrouve dans un autre pays et rencontre enfin son bébé : « Il était en elle, et maintenant, il est « hors » d’elle. La maman flotte, se sent bizarre. Elle a changé de fuseau du coeur et se trouve en décalage avec le monde extérieur. Une lame de fond la submerge Elle ne reconnaît plus son identité habituelle, elle connaît mal sa nouvelle identité. Des larmes peuvent jaillir, la tristesse et le doute l’envahir… » Ses deux identités s’entrechoquent dans ce moment immédiat du post-partum…

* Bien qu’aucune recherche n’ait abouti jusqu’à présent pour en conclure à une cause hormonale dans l’épisode du baby blues « Psychopathologie de la périnatalité » de Jacques Dayan.

Retenons surtout à propos du baby blues :

  • Qu’il n’est à priori en rien pathologique.
  • Qu’il touche 50 à 70 % des accouchées (taux variable selon les statistiques et leurs critères de sélection et définition).
  • Qu’il débute en général à partir du 3ème jour et ne va pas au delà de la deuxième ou troisième semaine.
  • Que c’est sa brièveté et son intensité « supportable » qui le caractérisent et le différencient de la dépression du post-partum.

 

Ses caractéristiques:

  • La fatigue mais qui va en s’estompant.
  • Les troubles du sommeil (dans des proportions non inquiétantes) dus à plusieurs choses : rythme des réveils du bébé, épisiotomie, péridurale, montée de lait…
  • La labilité de l’humeur : passage rapide et déconcertant de l’euphorie à la tristesse.
  • Les pleurs et crises de larmes par intermittence, la tristesse en pointillés.
  • Des sentiments « gérables » de doutes, d’ambivalence et de crainte, vis-à-vis de son bébé.
  • Une Hypersensibilité aux critiques comme aux remarques anodines.
  • Une réaction forte aux évènements extérieurs.
  • Un sentiment de frustration ou d’échec au moindre obstacle, une irritabilité inhabituelle.
  • Le sentiment fugace d’être devenue étrangère à sa vie.
  • Des doutes sur ses capacités à devenir une bonne mère, à savoir répondre aux besoins de son bébé.
  • Quelques troubles mnésiques discrets (mémoire immédiate).
  • Sentiment d’étrangeté déconcertant vis-à-vis de son corps et de celui du bébé.
  • Hyper vigilance* et hyperactivité* mais qui ne durent pas (* attention signe possible d’un effondrement lorsque la mère ne veut pas lâcher prise, lorsqu’elle lutte).
  • Distorsions perceptives : images se produisant au réveil. Confinant à l’hallucination ces symptômes peuvent avoir un ou deux pics, d’autres décroissent régulièrement.

 

Cependant, dans le cadre du baby blues, on reste consciente que ces sentiments et émotions sont disproportionnés. On garde au contraire des symptômes de l’effondrement ou de la dépression du post-partum comme un recul salvateur où l’on peut douter de la véracité de ses peurs. Il s’agit d’inquiétudes avec lesquelles on arrive à composer et pas d’angoisses qui nous débordent…

Le baby-blues est donc un évènement transitoire qui ne dure que quelques jours*.
On lit parfois qu’il diminue avec l’apparition d’un rythme plus régulier de vie chez son enfant : Nous nous garderons de minimiser des troubles qui iraient au-delà de ce temps « réglementaire », un bébé pouvant mettre plusieurs mois pour faire ses nuits.

* Dans le cas de mamans de bébés prématurés, le baby blues commencerait au retour de l’enfant à la maison.

Source: http://www.maman-blues.fr/difficulte-maternelle/signes-effondrement.html#babyblues

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